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Éloge du surf en eau froide

Hiver salé et sessions gelées

Eloge du surf en eau froide.

Le surf n’est pas une activité estivale ou réservée aux tropiques, contrairement à l'idée que la publicité et les médias ont contribué à véhiculer.

La culture populaire, que ce soient les films ou dessins animés s’inspirant du surf, reprennent cette représentation à leur compte, évoquant des îles paradisiaques où évoluent des surfeurs en maillot de bain ou en shorty, sous un soleil éclatant.

Il y a peu de place dans l’imaginaire collectif pour les combinaisons épaisses, les gants, les chaussons et les cagoules. A croire que les sessions de surf sous le ciel gris, dans une mer démontée, font moins rêver.

Il faut dire que la tenue d’hiver, intégrale néoprène de la tête au pied, reste quand même bien moins sexy que le bikini. Soyons honnêtes, il est vrai qu’en janvier, l’apparence des surfeurs est plus proche de celle du pingouin ou du phoque que de celle d’une divinité aquatique. On comprend que ce soit moins vendeur pour les marques, notamment auprès de ces dames, chez qui le corps est souvent sexualisé plutôt que vanté pour ses performances sportives …

Pourtant, le surf se pratique aussi en hiver et en eau froide. D’ailleurs, de nombreux pratiquants ne connaissent que ça. Pour ma part, j’ai attendu ma majorité (soit après quinze ans de surf au compteur) avant de goûter à mon premier trip en eau chaude.

Contrairement au mythe de “l’endless summer” (l’été sans fin), de nombreuses personnes restent en métropole l’hiver et attendent avec impatience les houles promises par cette saison.

Le passage des grues et des palombes dans le ciel sonne le glas des vacances et annonce la chute des températures à venir. La côte redevient plus calme, les derniers vacanciers finissent par rentrer travailler, et après plusieurs mois d’embouteillages sur les lines up, ces derniers redeviennent praticables.

C’est également la fin des longs jours de flat, qui se succèdent parfois l’été. Le bonheur des baigneurs d’évoluer dans une mer aux allures de lac, fait le malheur des surfeurs en quête de relief. L’automne rompt cette malédiction en apportant les premières tempêtes, présages d’un bel hiver.

Certes, le surf durant l’hiver, ou en eau froide, n’est pas toujours évident. Sortir de son lit et de son plaid chaud, servant de refuge bien douillet, pour affronter l’extérieur est sans doute l’étape qui nécessite le plus d’énergie et de motivation. Le reste est presque anecdotique. Presque. Une fois sur le parking, se changer est la seconde peine à surmonter.

Bien souvent, l’échauffement commence dès l’enfilage de la combinaison dont l’intensité varie en fonction de l’épaisseur. Les Bretons et les Vendéens, habitués des 5/4 mm connaissent bien ce sentiment. Il faut se dévêtir sous le vent froid, un poncho en éponge pour unique protection face aux éléments plus ou moins hostiles.

L’impression de marcher sur des cailloux tranchants ou des braises brûlantes au contact du sol froid, encore endormi, marque l’arrivée des chaussons dans la course. Au départ, leur adhérence dérange : il faut se faire à ce nouvel appui, à cette nouvelle barrière entre son corps et sa planche, mais une fois cette acclimatation faite, ils deviennent un indispensable des sessions d’hiver.

Si les températures se durcissent encore, les gants viendront protéger les mains, dont la sensibilité risque d’être mise à rude épreuve. Là aussi il faut s’habituer à la résistance qu’ils induisent lors de la rame tout comme à la réduction du champ de vision que provoque la cagoule. Ces équipements deviennent pourtant les meilleurs alliés du surfeur pour ralentir la contamination et la diffusion lente du froid sur l’ensemble du corps. Les extrémités agissent comme des portes d’entrée par lesquelles pénètrent la paralysie et les brûlures de l’eau et du vent au contact de la chair. Les premiers canards et le passage de la tête peuvent couper la respiration, on en ressort avec une barre au front.

Dès lors, quel intérêt de surfer dans de telles conditions ?

L’appel des vagues bien sûr. L’appel du large sûrement. L’appel de l’océan, évidemment !

Arrivé sur la plage, les premiers pas dans l’eau peuvent s’avérer douloureux. Mais lorsque la première vague se présente, on oublie tout. Le froid, le vent, la pluie, la flemme, les rouspétances.

Il ne reste que la magie de l’instant, l'océan qui fume parfois, le line up en petit comité, quelques oiseaux qui défient la tempête qui leur sert de maison. Les vagues sont souvent bien moins pire que ce que l’on imaginait depuis le bord. Pour ma part, je ne me souviens pas d’avoir regretté une seule fois dans ma vie d’être allée à l’eau.

Au milieu de cette saison de chaos, de belles éclaircies et des houles bien propres apparaissent. De nombreux spots jusque là endormis se réveillent et certaines régions inaugurent même leur meilleure période de l’année pour surfer, comme c’est le cas en Méditerranée ou en Charente Maritime. Dotés de nombreux spots de repli, l’hiver est une bénédiction pour les amateurs de vagues et d’exploration.

La France métropolitaine dispose d’une variété de côtes d’une richesse rare et qui s’activent toutes à un moment différent de l’année. Il n’y a jamais de quoi s’ennuyer et toujours une vague à surfer.

Et puis, aller à l’eau en hiver rapproche. Une véritable cohésion émane de ces sessions tout aussi valeureuses que chaleureuses. Il naît alors une forme de respect mutuel pour avoir bravé de telles conditions. De nombreux sentiments se mêlent : celui de se sentir vivant, fort, courageux et fier d’avoir affronté les éléments, quelle que soit l'issue du combat. On se sent privilégié, d’une certaine manière. La météo fait le tri au line up et seuls les plus motivés demeurent. Quand le commun des mortels rêve d’hiberner et de se cloîtrer dans son appartement, nous arpentons les littoraux à la recherche d’embruns et de glisse. Il paraît que de la rareté naît l’appréciation.

Ce postulat s’applique ici, où le moindre morceau de soleil est vénéré, aussi pâle soit-il. En effet, tout prend d’un seul coup une plus grande valeur. On apprécie et on saisit pleinement chaque rayon de lumière et chaque créneau off shore.

En sortant de l’eau, le froid joue encore quelques tours. Il est plus difficile de retirer sa combinaison et de se changer avec des mains engourdies, presque paralysées par moments. Sans parler de la perte de la dextérité nécessaire pour composer le code de son cadena où se cachent les clés de la voiture.

Chaque mouvement est plus lent, plus coûteux, mais chaque seconde qui passe renforce l’exposition à l’air extérieur qui pénètre un peu plus dans la chair. L’océan est fréquemment plus chaud que la température atmosphérique et agit un peu comme un cocon liquide. S’y immerger comme s’en extraire n’est pas facile. C’est pourquoi il faut aller vite une fois sorti. C’est un cercle vicieux : le froid entrave chaque geste et chaque seconde écoulée le renforce.

Le visage n’est pas épargné et on rigole bien lorsque l’un d’entre nous ne parvient plus à articuler. Le corps réagit et se teint de toutes les couleurs : bleu, violet, rouge, avant que les extrémités ne deviennent blanches. Les chaussettes et bottes fourrées sont un premier réconfort avant de retrouver le luxe infini procuré par une douche bien chaude. Rien de mieux qu’un thé brûlant, patientant dans un thermos, pour réveiller doucement ses doigts au contact de la tasse et se réchauffer de l’intérieur à chaque gorgée. Une fois le logis regagné, l’appétit est décuplé tout comme le plaisir de déguster une bonne soupe chaude ou une grosse raclette, selon les goûts de chacun.

Le lendemain, le surlendemain et les jours qui suivent, il suffit de recommencer jusqu’à ce que son corps s’habitue à la rudesse des éléments et que nos tremblements se transforment en légers frissons. A chaque vague, à chaque session, notre coeur finit par en redemander encore. Et à ce rythme, les jours se rallongent et se réchauffent rapidement. Les vacances de Pâques arrivent, les lines up se remplissent, la plage sort de son hibernation et s’anime de nouveau. Le printemps est arrivé plus vite que prévu et l’on regrette presque déjà ces matinées d’hiver aux couleurs pastel, calmes et solitaires, au milieu de l'océan et de ses trains de houle fumants.

Vivement l’année prochaine.

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